Programme de premier cycle secondaire : utilisation de « macroprojets » pour améliorer l’enseignement interdisciplinaire
par María Fernanda Varela, directrice, Programme de premier cycle secondaire de l’IB, St. Patrick’s College, Montevideo, Uruguay
Pour développer la curiosité, approfondir la compréhension des différentes disciplines et apprécier son histoire et sa culture ainsi que celles d’autres communautés, il faut adopter une attitude de réflexion permanente. Cette attitude permet un apprentissage permanent applicable dans une grande variété de situations auxquelles les élèves peuvent être confrontés à l’intérieur et à l’extérieur de la classe. Il ne fait aucun doute que pour former des élèves instruits et informés, qui apprennent activement pendant leur formation scolaire et tout au long de leur vie, il faut adopter une vision globale de la connaissance et de l’enseignement.
Les membres de notre communauté scolaire travaillent constamment à l’amélioration des stratégies d’enseignement utilisées en classe et à l’atteinte des objectifs mentionnés précédemment. Dans cette optique, le département du coordonnateur a entrepris une étude analytique et originale des outils spécifiques qui pourraient favoriser les connaissances interdisciplinaires, en encourageant un apprentissage actif chez nos élèves. Le macroprojet, en tant que réponse à nos besoins, a trouvé une place privilégiée dans notre établissement. Il s’agit d’un très bon outil permettant aux élèves de développer des connaissances interdisciplinaires et multidisciplinaires tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la classe.
Le macroprojet est initié à l’aide d’une question servant de stimulus. Cette question amène les élèves à s’engager dans une exploration approfondie des connaissances pertinentes tandis qu’ils cherchent des réponses à la question. L’enseignant leur fournit des méthodes issues de plusieurs matières et disciplines, qui faciliteront leur exploration.
Tous les macroprojets doivent comprendre des thèmes qui contribueront au processus d’acquisition des connaissances de façon à la fois pratique et théorique. On peut citer en exemple les discours présentés par des enseignants ou des intervenants ainsi que les sorties éducatives qui offrent aux élèves une expérience personnelle unique leur permettant de mettre en pratique leurs différents styles d’apprentissage et leurs intelligences multiples. Les diverses capacités y trouvent leur place. Dans les différentes disciplines, un travail constructif est réalisé par les élèves au moyen d’une grande variété de travaux de cours, de devoirs à la maison, de sorties éducatives, et d’évaluations individuelles et collectives visant à leur fournir des éléments qui peuvent les aider à trouver des réponses. Au cours de ce processus, les cloisons imaginaires traditionnellement construites autour des disciplines sont abattues, incitant à une étude approfondie.
Par exemple, l’un des macroprojets les plus appréciés par notre communauté scolaire est « Aprender a ver nuestra ciudad-Montevideo » (Apprendre à voir notre ville – Montevideo). Ce projet a pour objectif d’apprendre à voir et à apprécier la réalité dans laquelle nous sommes ou pouvons nous retrouver plongés sous les différents angles des disciplines et en adoptant une multitude d’approches. Seuls et en groupe, nous prenons donc possession de notre ville : son histoire (présente et passée), sa culture, son organisation et son emplacement géographique.
Cette façon de travailler constitue un défi permanent pour les enseignants mais permet de planifier des activités pendant lesquelles les élèves acquièrent des connaissances et les assimilent tandis qu’ils cherchent une réponse aux deux questions initiales : « Quels sont les éléments distinctifs de notre ville ? » et « Qu’est-ce qui façonne notre ville ? ». Les différentes disciplines sont rassemblées tandis que nous partageons et planifions les activités qui permettront aux élèves de mener une étude approfondie sur les éléments distinctifs de notre ville.
Les macroprojets nous ont largement permis de réfléchir en utilisant les aires d’interaction, qui nous servent de principes directeurs pour atteindre nos objectifs. Nos enseignants ont accueilli positivement ces macroprojets. Quelques-unes de leurs réflexions sur les macroprojets sont présentées ci-dessous.
Mariana Santurio, enseignante d’histoire : « Ces projets, qui amènent les élèves à effectuer un travail interdisciplinaire, un travail en collaboration et une recherche, relient le contenu du programme d’études aux éléments auxquels les élèves s’intéressent : leur environnement, sa diversité culturelle, sociale et économique ainsi que leur histoire. »
Beatriz Casal, enseignante de mathématiques : « Je pense que le macroprojet est un outil très précieux, qui permet aux enseignants, aux élèves et à la communauté scolaire de trouver des critères communs en adoptant les perspectives de différentes matières grâce aux aires d’interaction, et de trouver ainsi un dénominateur commun tangible et intégré pour les connaissances acquises au cours des différents processus du travail. »
Marta Barboza, enseignante de géographie : « Ces projets permettent de répondre au besoin d’amener les élèves à observer et à analyser les problèmes sociaux, économiques et géographiques en adoptant une approche globale rendue possible grâce aux aires d’interaction, et développent ainsi leur aptitude à apprendre de manière réfléchie en faisant preuve d’un esprit critique. »
Antonio Padilla, enseignant d’histoire : « Les macroprojets sont des activités interdisciplinaires qui permettent aux élèves de découvrir le monde naturel, culturel et social de façon structurée, intéressante et significative. »
D’année en année, chaque expérience nous a montré que le macroprojet est un outil idéal pour l’incorporation et l’utilisation des différentes matières et disciplines. L’apprentissage interdisciplinaire est ainsi présent dans chaque aspect du processus d’apprentissage : la planification, le développement, la production des travaux et l’évaluation. Les enseignants et les élèves participent à un processus continu de recherche et d’action, qui apporte sa contribution à leurs travaux et objectifs scolaires. Même si le macroprojet requiert une planification importante, son résultat final est une expérience enrichissante qui aide à développer les qualités décrites dans le profil de l’apprenant de l’IB chez les élèves du Programme de premier cycle secondaire.
