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La nouvelle vocation de l'IB

Monique Conn, academic director L’économie du savoir et la manière dont celle-ci va changer l’éducation dans les années à venir semble être sur toutes les lèvres. Alors que croît la demande pour de nouvelles formations à vocation professionnelle, peut-on envisager d’étendre l’éducation internationale à un public plus vaste ?


« Ne cherche pas à devenir un homme à succès, mais plutôt un homme de valeur », a dit Albert Einstein. La mission des écoles du monde de l'IB est précisément de former des élèves qui représentent une valeur pour le monde (et qui, comme Einstein, se distingueront aussi dans la carrière de leur choix). Mais même si le diplôme de l'IB bénéficie de beaucoup de prestige, il est indéniablement conçu pour les élèves portés sur les études supérieures. Pour ceux qui se préparent directement à l’entrée sur le marché du travail et qui souhaitent une qualification à orientation davantage professionnelle, suivre un parcours éducatif de l'IB, avec une perspective internationale et interculturelle, était jusqu’à présent impossible. Les choses sont néanmoins en train de changer.

À Oulu en Finlande et dans la province du Québec, au Canada, deux programmes pilotes offrant des formations professionnelles en collaboration avez l’IB en sont aux premiers stades de développement. L’Oulun Lyseo s’est associé à l’Oulu Business College en novembre 2005 pour proposer des qualifications professionnelles intégrant des éléments du Programme du diplôme de l'IB. De la même manière, à compter de septembre prochain, les élèves du Collège Laflèche et du Collège François-Xavier Garneau au Québec pourront choisir parmi cinq nouvelles formations spécialisées s’inspirant des principes de l'IB. 

Il s’agit d’une nouvelle direction prometteuse pour l'IB même si elle ne couvre actuellement que des projets pilotes ayant une portée limitée. Comme le souligne Monique Conn, directrice académique de l'IB, « Ces projets ont pour l’instant un caractère expérimental et provisoire. Nous y travaillons depuis maintenant trois ans et les facteurs en jeu sont toujours en cours d’examen et de négociation. Le cadre pilote a été approuvé par les instances décisionnelles de l'IB, et notre mandat est de mener ces programmes et de les évaluer avec soin. Nous soumettrons tous les résultats au Conseil de fondation dans le but d’obtenir une autorisation officielle aux environs de 2009. »

Cela peut sembler être une évaluation très poussée mais, comme le souligne Monique Conn, « Si l’on tient compte du fait que les élèves en Finlande et au Québec suivent une formation qui dure trois ans en moyenne, 2009 n’est pas si loin. »

Alors que la formation professionnelle traditionnelle est en train de voir se dissiper sa réputation (injustifiée) d’éducation de seconde classe, en quoi consistent ces nouvelles formations ?

« Notre objectif n’est pas d’offrir une formation technique au sens limité, mais des formations qui prépareront les élèves pour toute une gamme de carrières dans un secteur donné », explique Mme Conn. « Il ne s’agit pas non plus de mettre au point un programme d’études ou de contenus. Nous sommes en train de développer un cadre pédagogique permettant d’associer une éducation technique et professionnelle générique et étendu à des éléments choisis du Programme du diplôme. Nous espérons ainsi étendre l’expérience de l'IB à un groupe plus vaste d’élèves, ceci de façon très explicite et très réfléchie. »

Pour le moment, tout établissement souhaitant proposer l’une de ces formations sera soit une école du monde de l'IB, comme le Collège Laflèche, soit un établissement rattaché par un partenariat étroit à une école du monde de l'IB, comme c’est actuellement le cas à Oulu.

« En Finlande, un établissement local qui n’est pas en soi une école du monde de l'IB propose une formation de trois ans appelée Programme international de commerce et gestion », poursuit Mme Conn. « Ses travaux sont suivis de près par une école du monde de l'IB partenaire qui fournit direction et soutien. Au Québec, les programmes de trois ans qui commenceront en septembre couvriront plusieurs secteurs : création et commercialisation de la mode, gestion hôtelière, tourisme, techniques d’intervention en délinquance et techniques policières.

« Où que ces initiatives se déroulent, les questions globales, l’élément international et les approches interculturelles doivent être pris en compte. À travers cette approche, qui mélange une formation technique d’inspiration locale et des cours et éléments de tronc commun de l'IB, nous allons développer un cadre de programme facile à comprendre par les écoles, en leur expliquant les principes qu’elles doivent respecter et les éléments admettant une certaine flexibilité. »

Pierre Michaud, coordonnateur du Programme du diplôme au Collège Laflèche, apprécie les qualités que l'IB cherche à encourager.

« Nous voulons donner un meilleur accès aux différents outils et aux valeurs qui animent l’IB afin que les étudiants des secteurs techniques trouvent et élargissent librement le sens de leurs actions en tant que citoyens mais aussi en tant que professionnels œuvrant au sein d’une pluralité. »

L’évaluation se fera à la fois au niveau local et au niveau de l'IB, et les élèves recevront, en plus du diplôme de l’établissement lui-même, des certificats pour les matières du Programme du diplôme qu’ils auront suivies. En outre, les élèves satisfaisant les conditions requises recevront un certificat d’éducation internationale de l'IB.

Même s’ils sont ancrés localement, ces programmes ont le potentiel de transcender les frontières éducatives interculturelles : des représentants des projets d’Oulu et du Québec se sont déjà rencontrés pour discuter de leur développement. D’autre part, la création d’un forum sur le Centre pédagogique en ligne (CPEL) est prévue avant la fin de l’année pour encourager les enseignants à poursuivre ces discussions.

Si ce cadre en pleine évolution pour l’éducation professionnelle s’avère être un succès, quelles seront les implications sur le long terme ?

« Je crois qu’il existe un énorme potentiel pour étendre les principes de l'IB à un grand nombre d’apprenants de niveau pré-universitaire », termine Monique Conn. « Les personnes que l’on forme à des secteurs d’activité spécifiques doivent pouvoir résoudre des problèmes, travailler en équipe et acquérir exactement le type de qualités représentées par le profil de l’apprenant de l'IB.

« Si nous pouvons toucher des élèves qui se préparent à entrer sur le marché du travail, nous pourrons offrir à un bien plus grand nombre une éducation réellement internationale qui les aidera à comprendre la contribution qu’ils peuvent apporter en tant que citoyens du monde. »

Pour en savoir plus sur les projets pilotes dans le domaine de l’éducation professionnelle, vous pouvez lire les articles suivants :

Quand local et global se rencontrent : Oulun Lyseo et Oulu Business College, Finlande

Collèges Laflèche et François-Xavier Garneau, Québec, Canada

Wesley College, Melbourne, Australie

 

 

 

 

 

« Notre objectif n’est pas d’offrir une formation technique au sens limité, mais des formations qui prépareront les élèves pour toute une gamme de carrières dans un secteur donné. »